Antoine AUBERSON est né le 2 juin 1957 à Lausanne, au
sein d'une famille de musiciens. Un père chef d'orchestre, une mère professeur de
piano, une sur qui deviendra cantatrice et un frère percussionniste et chanteur,
constituent son biotope. Son enfance sera marquée par cet environnement créatif où le
développement de son sens musical se fait par une approche sensuelle et onirique du monde
sonore. C'est donc très naturellement, dans cet univers ouvert à différentes formes
d'expression musicale et artistique, que le langage de la musique devient indispensable à
sa communication avec le monde.
La découverte, à 16 ans, de l'ouverture au métissage musical de John Coltrane
lui fait choisir le saxophone qu'il commence à pratiquer en autodidacte avec des groupes
épris de liberté d'expression.
Il se consacre alors avec énergie à la création d'ensembles jazzistiques et fait ses
premières armes dans des clubs en Suisse et en France.
A l'âge de 22 ans, motivé par un désir de
perfection, il est admis dans la classe professionnelle de saxophone classique d'Yvan
Roth au Conservatoire de Bâle et y découvre la discipline instrumentale
classique. La personnalité sévère et exigeante de son professeur lui permet de se
forger une solide technique. Il joue alors avec les formations symphoniques des orchestres
bâlois B.O.G. et R.S.O.G., pour plusieurs concerts et enregistrements.
Au retour de cet épisode bâlois, il fonde et anime l'E.J.M.A.,
première école suisse romande de "musiques actuelles", avec quelques autres
professeurs. Cette école lui permettra d'expérimenter des formes peu conventionnelles
d'enseignement, et à cette occasion il dirige des Ateliers dans lesquels la créativité
des élèves est très sollicitée. Passionné de pédagogie, il encourage ses élèves à
développer leur imaginaire, et à dépasser leurs inhibitions. Il les fera et les fait se
produire à maintes reprises en public.
La rencontre, en 1985, avec Philippe Mentha,
le metteur en scène et directeur du Théâtre Kleber-Méleau à Lausanne, marquera son
entrée dans le théâtre et la musique de scène. Il trouvera là un magnifique
territoire à explorer. En effet, les exigences du théâtre lui feront rencontrer une
variété de genres inhérents à différentes époques et l'amèneront à se documenter
en profondeur. Dès lors, il signe régulièrement des musiques pour toutes formes
d'orchestrations et de styles, et prend en main la direction d'acteurs pour leurs
partitions musicales.
Une autre rencontre très importante est celle
avec l'acteur et metteur en scène Bruce Myers qui l'initie à des formes théâtrales
plus contemporaines (notamment Peter Brook) et à l'approche très fructueuse des fameux
"training".
En 1986, Claude Goretta lui passe commande d'une musique pour son film "Le
rapport du gendarme". Ce travail marque le début d'une collaboration durable
entre les deux hommes et, de façon plus générale, d'une rencontre fructueuse entre
le compositeur et le 7ème Art. A l'instar de ses maîtres, Nino Rota et
Bernard Hermann, il trouve dans le cinéma une occasion d'affiner un certain lyrisme, de
développer ses qualités de mélodiste et d'intégrer l'art de la sobriété.
Privilégiant les musiques acoustiques,
luttant contre l'envahissement des synthétiseurs-décorateurs, il oriente résolument ses
créations dans le sens d'une fusion stylistique. S'inspirant de mélodies yiddish,
bulgares ou irlandaises, il cherche l'expression la plus directe, la plus pure, des
émotions. Cette tendance se concrétise parfaitement dans le Comedy Quartet
qu'il fonde en 1991 en s'entourant de musiciens d'origine classique ou complètement
autodidactes. Parallèlement, il continue à jouer au sein d'autres formations, renouant
notamment avec le jazz libre en compagnie d'Alex Theus.
En 1996, sa carrière est ponctuée par un
nouveau défi : la commande d'une uvre, en plusieurs tableaux, pour fanfare
militaire, orchestre à cordes, harpe et saxophone. Cette création, présentée à
l'Octogone de Pully en avril 1997, reste une expérience unique, riche en échanges et en
découvertes, tant pour l'auteur que pour les musiciens.
En 1999, il met sur pied, en compagnie d'une artiste peintre, une
nouvelle relation à sa musicalité: "l'un dans l'autre ", travail de recherche
picturale sonore qui verra une réalisation à la fondation "LEstrée"
à Ropraz en Janvier 2000. Là encore seront expérimentés des rapprochements entre
musiciens classiques, la musique ancienne, l'improvisation cadrée et la peinture.
En 2001 on lui passe commande d'une oeuvre libre pour
chur et orchestre. Il livrera une création pour cet ensemble et deux
solistes: "Sept
états de l'âme" basée sur la modalité, oeuvre dans laquelle il joue sur les
sonorités surs du saxophone soprano et de la voix soprano. (Création mondiale à
la cathédrale de Lausanne en juillet 2001)
Parallèlement à ces spectacles ponctuels, Antoine Auberson
continue sa carrière de musicien pour l'image avec notamment les films "A Synagogue
in the Hill "de F.Rickenbach et "Stille Liebe" de C. Schaub.
Repères chronologiques
| 2.06.57 |
Naissance d'Antoine AUBERSON, fils de
Jean-Marie AUBERSON, à Lausanne |
| 1969-71
|
Premiers cours de solfège à Ribeaupierre |
| 1978 |
Débute au saxophone alto |
| 1975 |
Nombreux concerts avec des musiciens du
milieu du jazz expérimental, notamment avec le groupe "Andoar" |
| 1978 |
1er prix de compositions jazz-rock au
festival off de Montreux, en collaboration avec Sébastien Santamaria. |
| 1978-82 |
Tournées en France, en Belgique et au
Canada comme musicien accompagnant, avec notamment Pascal AUBERSON, Pierre CHASTELLAIN |
| 1979-88 |
Participe activement à la scène du jazz,
de la chanson, séances de studio avec notamment R. COCCIANTE, co-fondateur du groupe
NOTAS, tournées avec Sébastien Santamaria. |
| 1980-83 |
Etude dans la classe professionnelle de
saxophone d'Iwan ROTH, au conservatoire de Bâle |
| 1983 |
Co-fondateur de l'EJMA (école de jazz et
musiques actuelles, Lausanne) Suit des stages d'enseignement spécifiques au jazz avec
notamment David LIEBMAN. Développe un enseignement personnel. |
| 1985 |
"la petite Arnick" création
originale avec les étudiants de l'EJMA
Première composition au théâtre: "Jamais la mer n'a
rampé jusqu'ici " de J. PROBST. Mise en scène de P. MENTHA |
| 1986 |
Tournée avec Caria BLEY et Steve SWALLOW
Premières musiques de film avec C.GORETTA: "le
rapport du gendarme" et "Si le soleil ne revenait pas" avec Charles VANEL
Création jazz au sein de la chorégraphie de J. HAMPTON
dans une interprétation de "Peer Gynt" au Grand Théâtre de Genève. |
| dès 1989 |
Prend la classe de saxophone au
conservatoire de Vevey. |
| dès 1990 |
Direction des choeurs d'enfants pour la
série "Sautecroche" |
| 1991
|
Formation du quatuor" COMEDY
QUAWTET"
Composition de "L'apocalypse selon Maman" sur un
livret de Frédérique PAJAK. |
| 1992 |
Compose la musique pour le spectacle
"J'ai un bordel dans la tête " de la chanteuse Caroline APOTHELOZ au théâtre
de VIDY |
| 1993 |
Met en musique une vingtaine de textes de
F. PAJAK .
|
| 1994 |
Nombreux concerts avec Comedy Quartet |
| 1996 |
Sortie du CD Comedy quartet: "1'
Homme d' Outre Part" |
| 1997 |
Création musicale" A propos de ce
temps": narration musicale pour fanfare militaire, orchestre à cordes, harpe et
saxophone. |
| 1998 |
Musiques de film notamment" Cronaca
locale" pour la T.S.I. |
| 1999 |
"A
Synagogue in the hills " De F. RICKENBACH. |
| 2000 |
Composition et conception du spectacle
"L'un dans l'autre " avec E. FLEURY, artiste peintre. (Galerie de l'Estrée,
Ropraz). Composition pour le spectacle "Transbahutés ",Harmonia Tanztheater |
| 2001 |
Musique du film "Stille Liebe "
avec Emmanuelle LABORIT, réalisé par C. SCHAUB. |
| 2001 |
Composition et textes de "Les 7 états de l'âme"
pour chur, orchestre, voix soprano et saxophone soprano. Création mondiale le 28
juillet 01 à la Cathédrale de Lausanne. |
| 2002 |
Composition "Sonafonia" pour
choeur de dames, saxophone soprano, percussion et piano. Création mondiale le 19 avril
2002 à la salle Paderewski à Lausanne.
Commande du chur Vivace de Lausanne (anciennement « Union Chorale ») |
BANDES SONORES DE FILMS
| 1986 |
Le Rapport du gendarme |
GORETA |
| 1987
|
Si le Soleil ne revenait pas |
GORETA |
| |
La tête buissonnante (documentaire) |
PASCHE |
| |
Fuerteventura 87 |
SCHALLER |
| 1988
|
Un Molière aux champs |
DALAIN |
| |
La méridienne (collabo. avec G.
GLAUS) |
AMIGUET |
| |
Genève à travers vignes et champs |
GORETA |
| 1991 |
Les pionniers (collabo. avec G.
GLAUS)
|
AMIGUET |
| |
(prod. pour le 700e de la CONF. HELVET.) |
|
| 1991
|
L'ombre (collabo. avec P. AUBERSON) |
GORETA
|
| |
Jour Blane
|
BERGER |
| |
(à cette occasion, il dirige l'O.R.M.) |
|
| 1993 |
Aujourd'hui le futur (doc.)
|
CHAMPION |
| 1995
|
Le Général Guisan et son temps |
CHAMPION |
| 1996 |
Capitaine au long cours |
CONTI-ROSSINI |
| 1997 |
Fribourg aux 7 portes |
VEUVE |
| 1998 |
Fin de siècle |
CHAMPION |
| 1999
|
Cronaca locale (6 films TSI, 6 réalisateurs) |
|
| 1999 |
A
synagogue in the hills |
RICKENBACH |
| 2001 |
Stille Liebe |
SCHAUB |
COMPOSITIONS MUSICALES
POUR LE THEATRE
| 1985 |
Jamais la mer |
J. PROBST |
Philippe MENTHA (Klébert-Méleau) |
| 1986 |
Le malade imaginaire |
MOLIEBE |
Philippe MENTHA (Klébert-Méleau) |
| |
Peer Gynt
|
GRIEG |
J. HAMPTON (Grand Théâtre) |
| 1987 |
Don Giovanni |
MOLIERE
|
Philippe MENTHA (Klébert-Méleau) |
| 1988 |
Salut Lenny
|
DE BOECK |
Guy PION (Théâtre de Vidy) |
| 1990
|
Ploutos
|
ARISTOPHANE
|
Philippe MENTHA (Klébert-Méleau) |
| 1991 |
Le Café
|
GOLDONI |
Philippe MENTHA |
| |
|
FASSBINDER |
(KIébert-Méleau) |
| |
La Vitre |
SCHLUNEGGER
|
Philippe JEANLOZ (Théâtre A) |
| 1992 |
Le Puit des Saints |
SYNGE |
Bruce MEYERS (Klébert-Méleau) |
| 1996
|
Jean de la Fontaine |
GLITRY |
Philippe MENTHA (Klébert-Méleau) |
| 1998 |
Sganarelle (cocu imaginaire) |
MOLIERE
|
Philippe MENTHA (Klébert-Méleau) |
| 1999 |
L'ami riche |
ZSCHOKKE |
Philippe MENTHA (Klébert-Méleau) |
| 1999 |
Roi
Lear |
SHAKESPEARE |
Michel
GROBETY (Mézières) |
| 2000
|
L'un dans l'autre |
A. AUBERSON |
Spectacle musical |
| |
|
E. FLEURY |
et peinture |
| 2000 |
Transbahutés |
KOHLBBENNER |
Harmonia
|
| |
|
|
Tanztheater |
DISCOGRAPHIE
| 1983 |
piano-duo (sax) |
LINDEMANN, SANTA MARIA |
| 1984 |
L'âme au bout des doigts (sax) |
Pascal AUBERSON |
| 1988 |
Minging (sax) |
Minging |
| 1990... |
Sautecroches (8
volumes) |
Marie HENCHOZ |
| 1992 |
Source (compositions, sax) |
Minging |
| 1994 |
Esperanza Nicolazon
(arrangements, piano) |
Stéphane BLOK |
| |
Camino Verde (arrangements,
sax) |
Raphaël
PITTELOUD |
| 1995 |
Salus
Sypus (compositions, sax) |
Alexandre THEUS |
| |
Les hérétiques (arrangements,
sax) |
Stéphane BLOK |
| |
Comedy Quartet (composition,
sax) |
Antoine AUBERSON |
| 1997 |
A propos de ce temps (création) |
Antoine AUBERSON |
| 2000 |
Transbahutés |
Antoine AUBERSON |
| 2001 |
Sept états de l'âme (création) |
Antoine AUBERSON |
|