Festival et Stage d'été Musique-Montagne 2017, Diablerets, Lausanne, Suisse (contact e-mail)
    Direction artistique:
Christophe Gesseney

 

REQUIEM en ut mineur, MH 155 de MICHAEL HAYDN

MISANTANGO, MISSA "A BUENOS AIRES" de MARTIN PALMERI

 

Requiem (Michael Haydn)

Requiem in c-Moll MH 155 (1771) La Missa pro defuncto Archiepiscopo Sigismondo, ou plus communément Missa pro Defunctis, Klatzmann I:8

 

Instrumentation : Solistes (SATB), Chœur à voix mixtes (SATB), Orchestre 
Distribution d'orchestre : 2 Clarino (trompette), 2 Trompettes, (3 Trombones), Timbales, 2 Violons, Basse continue

Commencé en janvier 1771, après le décès de sa fille, le Requiem en Do fut exécuté le 16 décembre 1771 lors des funérailles de son protecteur, le prince- archevêque de Salzbourg Sigismund von Schrättenbach, (composé du 2 au 4 janvier 1772).. Cette œuvre connut un grand succès et fréquemment exécutée de son vivant. C’était une sorte de référence à un point tel que Mozart, vingt ans plus tard, s’en inspirera à de nombreuses reprises pour son propre Requiem. On observe en effet dans les deux œuvres des ressemblances thématiques, rythmiques,

Le Requiem en ut mineur Missa pro Defuncto Archiepiscopo Sigismundo MH 155 est une des plus grandes oeuvres de Michael Haydn(1). Composé en 1771 à l'occasion du décès de l'archevêque de Salzbourg, Sigismond von Schrattenbach, il fut maintes fois joué en Autriche et en particulier sera exécuté le 2 juin 1809 à l'église de Gumpendorf à l'occasion des funérailles de Joseph Haydn, décédé deux jours auparavant. Le Requiem couronne une période de deux années de la vie de Michael Haydn qui vit naître une impressionnante quantité d'oeuvres religieuses. Il en fut de même pour Joseph Haydn qui dans les quatre années précédentes composa ses deux importantes messes en mi bémol HobXXII.4 et en ut HobXXII.5 et son magnifique Stabat Mater HobXXbis. Mozart sera grandement influencé par le chef-d'oeuvre de Michael Haydn lors de la composition de son Requiem K 626 de 1791, les deux oeuvres utilisent en effet le même texte et contiennent des passages similaires, ressemblances qu'il ne faut pas exagérer, Mozart et Haydn imprimant chacun puissamment leur style personnel.

Introitus et Kyrie: Requiem aeternum et Kyrie eleison adagio 4/4 en ut mineur sont fusionnés dans un seul morceau. L'introït débute par des imitations par les quatre voix du choeur sur les mots Requiem aeternum. Un nouveau thème confié au choeur utilise le plain chant (premier mode Grégorien (1) sur les mots Te decet hymnus). Le thème initial Requiem aeternum est maintenant confié au quatuor vocal avec un sentiment très profond. LeKyrie eleison utilise le thème "Grégorien" et le quatuor vocal s'empare de la supplication Christe eleison dans une ambiance adoucie. La fin du morceau très dramatique est scandée par les trompettes avec une tierce picarde conclusive.

Sequentia: Dies Irae Andante moderato en ut mineur 3/4. Dies Irae, Tuba mirum, Tremendae, Recordare, Confutatis maledictis Lacrysoma sont d'un seul tenant alors que dans le Requiem de Mozart ces morceaux sont indépendants. Le début du Dies Irae est scandé aux trombones et trompettes par un rythme très caractéristique qui parcourra toute la séquence Dies Irae et que l'on retrouvera dans nombre d'oeuvres de Joseph Haydn. Solo de la soprano très véhément sur Mors stupebit suivi d'un solo d'alto sur Judex ergo. Le ténor intervient ensuite sur Juste judex et est relayé enfin par la basse. L'épisode Confutatis maledictis, très dramatique est clamé par le choeur puis le quatuors de solistes. On note la partie de trompettes très active dans la séquence Lacrymosa. De magnifiques vocalises sur amen terminent le Dies Irae avec une tierce picarde aux trompettes.

Offertorium: Le Domine Jesu Christus en sol mineur est remarquable par des harmonies chromatiques impressionnantes, on aboutit à un passage choral très agité qui, avec ses trompettes évoluant dans l'aigu, évoque fortement le style de Jean Sébastien Bach, puis à un solo de sopreno en si bémol majeur plus calme. L'épisode Quam olim Abrahae est une fugue en sol mineur chantée par le choeur doublé par les trombones. On remarque la ressemblance entre cette fugue et celle située au même endroit et sur les mêmes paroles du Requiem K 626 de Mozart. L'Hostiasconsiste en un solo d'alto très expressif accompagné par un thème magnifique aux violons. Retour de la fugue et Fin de la séquence par une tierce picarde aux trompettes.

Sanctus:  Le Sanctus  (Andante) débute en ut majeur mais module très vite en fa mineur. Le caractère méditatif de ce morceau est accentué encore dans le passage Hosannah in exelsis en mi bémol majeur dont le tempo très lent, presque funèbre, surprend mais convient parfaitement aux circonstances. Dans le Benedictus, allegretto en mi bémol majeur, la basse reprend la mélodie grégorienne du début du Requiem, le ténor, l'alto, la soprano et enfin le choeur enchainent. L'accompagnement aux violons est particulièrement riche. Retour de l'Hosannah plus poignant que jamais avec tierce picarde aux trompettes à la fin.

Agnus Dei et Communio: Agnus Dei. Adagio en ut mineur. C'est la soprano qui entonne l'Agnus et le choeur qui conclut la première supplication à l'Agneau de Dieu. La seconde est chantée par la basse et les trompettes répondent de façon très dramatique. Le ténor intervient ensuite et le choeur répond de manière très intense. On remarque une montée chromatique de la soprano très émouvante. Cum Sanctis tuis in aeternum Allegretto ut mineur. Grande fugue sur un thème baroque comportant un intervalle de septième diminuée, lieu commun fréquemment utilisé dans la musique baroque où se croisent les musiques du Messie de Haendel, la fugue qui conclut le quatuor en fa mineur opus 20 n°5 de Joseph Haydn, le Laudate pueri des vêpres d'un Confesseur K 339 de Mozart. On notera les parties importantes de trombones qui doublent les voix d'alto, ténor et basse et la fin magnifique de la fugue. La messe des Morts se termine avec un retour du Requiem aeternum abrégé et de la grande fugue aboutissant à une tierce picarde aux trompettes.
 

 I. Introitus: Requiem aeternam - Kyrie elesion

II. Sequentia: Dies irae

VII. Agnus Dei - Communio: Lux aeterna

III. Offertorium: Domine Jesu Christe

IV. Versus: Hostia et preces tibi

VI. Benedictus

V. Sanctus

VIII. Communio: Cum sanctis tuis

IX. Requiem aeternam - Cum sanctis tuis

 

Michael Haydn (1737-1806)

Michael Haydn est un compositeur autrichien, né le 14 septembre 1737 à Rohrau (Autriche) et décédé le10 août 1806 à Salzbourg. Il est le frère cadet de Joseph Haydn.

Biographie

Johann Michael Haydn est né en 1737 dans le village de Rohrau sur la Leitha en Basse-Autriche, près de la frontière hongroise. Son père Mathias Haydn était charron et sa mère Maria, née Keller, cuisinière au palais du comte von Harrach.

Comme son frère ainé, Joseph Haydn, il reçoit une éducation musicale dans la maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, dirigée par Georg Reutter. Il étudie également le violon et l’orgue. Il complète ensuite son éducation au séminaire jésuite.

Après avoir occupé divers emplois de maître de chapelle, il finit par être nommé, en 1763, maître de concert (« Konzertmeister », c'est-à-dire premier violon, également chargé de diriger l'orchestre) et compositeur à la cour de Colloredo, prince-archevêque de Salzbourg. En 1777, il devient organiste de la cathédrale de Salzbourg et aura notamment pour élèves Carl Maria von Weber et Anton Diabelli.

Le 17 août 1768, il épouse la chanteuse Maria Magdalena Lipp (1745–1827) avec qui il eut une fille Aloisia Josefa, morte en bas-âge.

Maria Magdalena tint le rôle de la Miséricorde dans la cantate Die Schuldigkeit des ersten Gebotes, puis celui de Tamiri dans Il re pastore, deux œuvres de jeunesse de Wolfgang Amadeus Mozart. En effet, très admirateur des frères Haydn, ses aînés de vingt ans, Mozart a beaucoup étudié leurs compositions et s'en est inspiré à maintes reprises. Mozart a demandé à son père, qui jalousait Michael Haydn, de lui envoyer les nouvelles compositions de son collègue de Salzbourg, spécialement tout ce qui relevait du contrepoint et de l'orgue.

À sa mort, l'Archevêque de Salzbourg fit des obsèques solennelles au cadet des Haydn.

 

Misatango de Martin Palmeri

Sacré et profane dans une œuvre éclatante et bouleversante.
La MisaTango est une messe classique en latin, vivifiée par les harmonies et le rythme du tango argentin.
Cette œuvre de Martin Palmeri, compositeur argentin d’œuvres symphoniques, d’opéras, d’oratorios… n’en finit pas de parcourir le monde et maintenant la France où les plus grands chœurs l’inscrivent à leur répertoire.

Martin Palmeri est argentin, il a composé une messe sur des airs de tango : misa tango, encore appelée "misa a Bueno Aires". Tous les éléments traditionnels d'une messe en latin sont là (kyrie, gloria, credo, etc...), mais sur un rythme inhabituel, dansant, envoûtant.

La Misa Tango saisit par sa mélancolie et son coeur de tango, par l’émotion et le drame sud américains. Palmeri réussit dans sa messe l’extraordinaire symbiose entre musique sacrée et tonalités latino-américaines, entre messe traditionnelle et rythmes tango, entre classicisme et émotions. La diversité des mélodies, à la fois entraînantes, rapides, expressives, la polyphonie savante, la richesse des timbres instrumentaux, en font une oeuvre unique. On entend à la fois des éléments de pop, des motifs des chants sacrés traditionnels, et des harmonies savantes inspirées de Haendel. Le bandonéon, une forme d’accordéon, est joué en soliste, accompagné du Choeur, des Soprani, d’un piano et de l’orchestre de cordes.

Eclatante, émouvante, poignante… telle est la MisaTango, une messe de forme classique en latin vivifiée par les harmonies et les rythmes du tango. Martin Palmeri argentin, primé à de nombreuses reprises, auteur d’œuvres symphoniques, d’opéras, d’oratorios… a composé une œuvre puissante qui séduit le monde entier.  En 2013 elle a été jouée à Rome lors du festival de musique sacrée en hommage au pape François.

Misa a Buenos Aires, une grande œuvre chorale mystérieuse, dansante, chatoyante, envoûtante ! Voici une synthèse de l’art sacré avec le puissant rythme du tango argentin emmené par l’incontournable bandonéon. Créée en 1996, cette œuvre d’abord connue en Amérique latine gagne à très grande vitesse les mélomanes européens.

- Kyrie              
- Gloria           
- Credo     
- Sanctus 
- Benedictus
- Agnus dei 

Martin Palmeri (1965)

Compositeur, pianiste, chef de chœur et chef d'orchestre et également professeur d'harmonie et de contrepoint. Il est né à Buenos Aires en 1965 dans la Province d'Entre-Ríos, dans ce qu'on appelle en Argentine le littoral (le nord-est du pays). Il a étudié la composition avec Daniel Montes, Marcelo Chevalier, Rodolfo Mederos, Virtú Maragno et Edgar Grana (New York), chant choral avec Antonio Russo et Néstor Zadoff, la direction d'orchestre avec Mario Benzecry, chantant avec Amalia Estévez et José Crea, et le piano avec Eduardo Páez et Orlando Tripodi.

Comme directeur de chorale, il a dirigé le Chœur de la Faculté de droit (UBA), le Chœur polyphonique ville de Vicente López, Chant Sospir, le Colegio del Sagrado Corazón Esclavas de Jesús de Belgrano (Collège des Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus de Belgrano), l'Escuela Argentine Modelo (Argentine Modelo école), l'école de musique de Buenos Aires, Chant del Quartier (Paraná) (groupe de chant local du Paraná).

Il a écrit de nombreux oeuvres chorales et instrumentales et opéras, parmi lesquels "Tango del Bicentenario (Bicentenaire Tango)", créé par l'Orchestre symphonique de Qatar; "Canto de la Lejanía (Song of Distance)", créé en 2010 par la société de chorale Buenos Aires; "Oratorio de Navidad (Oratorio de Noël)« première effectuée à la Faculté de droit UBA (2003);"Mateo", un opéra qui a ouvert dans le Teatro Roma à Avellaneda, Buenos Aires (1999) et a été enregistré par la Radio d'Etat de Bratislava (Slovaquie); "Fantasia Tanguera (Tango imaginaire)" créée à Saint-Pétersbourg, en Russie (2000);"Presagios (Signes)", créé à Matera, en Italie, (2001); "Concierto para bandonéon (Accordéon concerto)" dans le Teatro Roma à Avellaneda (2004); "Concierto de Danzas (Dance concerto)", "Negro y negro (noir et noir)", "estaciones cuatro Sobre las (Sur les quatre saisons)". Au cours des dernières années, il a été invité à diriger et effectuer en tant que pianiste dans l'exercice de son travail "Misatango", (première effectuée par le Sympony Orchestre National de Cuba en 1996) en Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Chili, Equateur , la Slovaquie, l'Espagne, les Pays-Bas, Israël, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Russie, la Suisse et les Etats-Unis. Ce travail a été choisi dans le cadre des ateliers pour Europa Cantat 2009 (Utrecht, Pays-Bas), et a été effectuée par les administrateurs de renom, des solistes et des orchestres dans différentes villes du monde.

Il a reçu le Premier Prix du Concours de Arrangement Chorale organisé par AAMCANT en 2011. L'Université Nationale de Rosario lui a décerné le premier prix au Concours national d'arrangement Chorale en 2010. La Fondation nationale pour les arts lui a décerné le premier prix en 2003 dans le travail symphonique catégorie du Concours de Composition Juan Carlos Paz pour son travail "Concierto de Danzas par violoncelle y orquesta (Concerto de danses pour violoncelle et orchestre)".Plusieurs de ses compositions ont été enregistrées sur les CD produits en Italie, en Lettonie et en Argentine.

Il a pris part à une grande variété d'autres activités telles que d'agir comme juge dans le concours Eisteddfod de la communauté galloise en en Chubut.